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TitleKing,Stephen-[La Tour Sombre-1]Le pistolero(1982).OCR.French.ebook.AlexandriZ.pdf
TagsNovels J. R. R. Tolkien The Dark Tower (Series)
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Table of Contents
                            INTRODUCTION
	1
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	3
AVANT-PROPOS
LE PISTOLERO
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LE RELAIS
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L’ORACLE ET LES MONTAGNES
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LES LENTS MUTANTS
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LE PISTOLERO ET L’HOMME EN NOIR
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Document Text Contents
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STEPHEN KING






LA TOUR SOMBRE



1
LE PISTOLERO





Texte revu et enrichi par l’auteur
Nouvelle traduction de l’américain

par Marie de Prémonville
Illustrations de Michael Whelan











Éditions J’ai lu
84, rue de Grenelle, 75007 Paris

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tout comme on conclut une grosse affaire par une bonne
poignée de mains. Il aimait même les garçons qui avaient
commencé l’Apprentissage, bien qu’ils fussent différents des
autres enfants – peu démonstratifs, toujours un peu dangereux,
non pas comme le serait un adulte, mais plutôt comme des
enfants ordinaires avec une légère pointe de folie en eux – et
Bert n’était pas le premier des élèves de Cort qu’il nourrissait en
douce. Pour l’heure, ils le trouvèrent face à son immense poêle
électrique – l’un des six appareils à fonctionner encore sur tout
le domaine. C’était son monde à lui, et, debout au milieu de ce
monde, il regarda les deux garçons engloutir les lambeaux de
viande en sauce qu’il leur avait donnés. Devant, derrière, tout
autour, des grouillots, des filles de cuisine et toutes sortes
d’employés subalternes s’affairaient dans l’air humide et opaque
de vapeur, cognant les casseroles, touillant le ragoût, trimant à
éplucher des pommes de terre et des légumes en coulisses. Dans
l’alcôve mal éclairée de l’office, une lavandière au teint terreux
et à l’air malheureux, les cheveux enroulés dans un chiffon,
passait la serpillière sur le sol.

L’un des garçons de cuisine se précipita, un soldat de la
Garde sur les talons.

— Y a un type qui t’demande, Hax.
— D’accord, fit Hax avec un signe de tête à l’attention du

visiteur. Les garçons, allez voir Maggie, elle vous donnera de la
tarte. Et puis déguerpissez. Ne me faites pas d’ennuis.

Plus tard, ils devaient tous les deux se souvenir de ces
paroles : Ne me faites pas d’ennuis.

Ils acquiescèrent et allèrent trouver Maggie, qui leur donna
des parts énormes de tarte sur de grandes assiettes – mais avec
précaution, comme s’ils étaient des chiens errants sur le point
de la mordre.

— Allons manger ça sous la cage d’escalier, proposa
Cuthbert.

— D’accord.
Ils s’assirent derrière une énorme colonnade en pierre

poisseuse de vapeur, hors de vue de la cuisine, et engouffrèrent
leur tarte avec les doigts. Ce n’est que plus tard qu’ils virent les

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ombres se dessiner sur la courbure du grand escalier. Roland
attrapa Cuthbert par le bras.

— Viens, il y a quelqu’un.
Cuthbert, l’air surpris et le visage maculé de jus de baies,

leva les yeux vers lui.
Mais les ombres s’immobilisèrent, toujours hors de leur vue.

Il s’agissait d’Hax et du soldat de la Garde. Les garçons restèrent
assis où ils étaient. Au moindre mouvement, ils risquaient d’être
entendus.

— … l’Homme de Bien, disait le Garde.
— Farson ?
— Dans deux semaines, répondit le Garde. Peut-être trois. Il

faut que tu viennes avec nous. Il y a une cargaison au dépôt…
Un fracas particulièrement violent de vaisselle et de

casseroles et une salve de sifflets dirigés contre le malheureux
marmiton qui les avait lâchées masqua une partie de la suite du
dialogue. Puis les garçons entendirent la fin de la réponse du
garde.

— … de la viande empoisonnée.
— Risqué.
— Demande-toi non pas ce que l’Homme de Bien peut faire

pour toi…, commença le Garde.
— Mais ce que tu peux faire pour lui, soupira Hax. Soldat, ne

pose pas de questions.
— Tu sais ce que ça implique, fit doucement le garde.
— Oui-là. Et je sais quelles sont mes responsabilités envers

lui. Pas besoin de me faire la leçon. Je l’aime au moins autant
que toi. Je le suivrais dans la mer, s’il me le demandait. Ça oui.

— Très bien. La viande sera marquée pour un stockage de
courte durée dans tes chambres froides. Mais il te faudra faire
vite. Il faut que tu comprennes bien ça.

— Il y a des enfants, à Taunton ? demanda le cuisinier.
Il ne s’agissait pas d’une véritable question.
— Des enfants, partout, dit le garde avec douceur. Ce sont les

enfants qui nous importent… et qui lui importent à lui.
— De la viande empoisonnée. C’est là une drôle de façon de

prouver son amour à des enfants.
Hax lâcha un profond soupir sifflant.

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